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       L’héroïne est un opiacé, obtenu à partir de la morphine. L’héroïne pure se présente comme une poudre blanche cristalline. En revanche, le produit proposé sur le marché, qui ne contient que 5 à 10 % de produit pur, se présente sous forme d’une poudre de couleur plus ou moins brunâtre. Le terme opiacé regroupe un grand nombre de molécules. Les unes extraites de l’opium, les autres synthétiques mais avec des propriétés pharmacologiques analogues à celles de la morphine.


â–º Qui consomme ?

Ont consommé au moins une fois dans leur vie :
- 1 % des 15-34 ans et 0,7 % des 35-64 ans
- 400 000 personnes de 12 à 75 ans
La partie la plus visible des consommateurs d’héroïne est constituée des personnes fréquentant les lieux de réduction de risques (boutiques, échanges de seringues…). Cette population, surtout masculine, est âgée de plus de 30 ans. Depuis quelques années, apparaissent de nouveaux consommateurs : plus jeunes, en situation précaire ou non, avec comme trait commun de fréquenter le milieu festif.


â–º Modes de consommation :

• Injectée en intraveineuse : (53 % des usagers3), donne l’effet violent de flash recherché par les usagers. L’effet apparaît au bout de 3 à 10 minutes et s’estompe au bout de 5 heures4.

• Prisée ou « sniffée » : (48 % des usagers3)
L’héroïne est sniffée notamment par les personnes fréquentant les espaces festifs pour réguler l’action des drogues psychostimulantes, par son effet analgésique.

• Inhalée : (27 % des usagers3) le produit est chauffé, les vapeurs inhalées (cette technique s’appelle chasser le dragon).

• Fumée : dans une pipe à eau ou une pipe classique.


â–º Effets recherchés :

       Relaxation, apaisement, euphorie, sensation d’extase, aide à la descente pour les utilisateurs de MDMA ou d’ecstasy.


â–º Effets à court terme :

        Forte dépendance physique et psychique qui s’installe rapidement (dès les premières injections).
Sur le plan physique : nausées, vomissements ; ralentissement du rythme cardiaque ; baisse de l’amplitude respiratoire ; contraction des pupilles ; hypothermie ; risque de transmission virale : hépatites B,C et sida lors du partage de pailles ou du matériel d’injection ; lésions aux points d’injection.

Sur le plan psychique : état de somnolence ; le produit agit comme un anxiolytique puissant et un antidépresseur.


â–º Femmes enceintes :

       L’héroïne traverse la barrière placentaire, le fœtus est donc exposé. Si sa mère est en manque, il pourra en souffrir : avortement spontané, retard de croissance… À la naissance, l’enfant peut présenter un syndrome de sevrage, des signes neurologiques (hyperactivité, pleurs, cris..), des signes digestifs (troubles alimentaires, diarrhées,…) et des troubles respiratoires.


â–º Effets à long terme (en cas d’usage régulier)

       Forte dépendance physique et psychique ; marginalisation sociale.
Sur le plan physique :
Baisse de l’appétit, carences alimentaires, altération de l’état général.
 

Sur le plan psychique :
Troubles de l’humeur, insomnies, apathie. L’arrêt de l’héroïne peut provoquer un syndrome de sevrage, appelé manque, avec douleurs physiques et souffrances psychologiques intenses.


â–º Réduction des risques

        Depuis les années 80, des programmes spécifiques ont été mis en place auprès des usagers de drogues les plus en difficulté. Le but était d’éviter la contamination par le virus du sida, les hépatites B et C, de permettre l’accès aux soins, à l’hygiène et aux droits.


â–º Les mesures  :


• Mise en vente libre de seringues
• Diffusion de Kits prévention (trousse contenant deux seringues et du matériel stérile) : l’objectif est de proposer du matériel stérile (afin d’éviter les abcès…), de diminuer le partage ou la réutilisation des seringues, de réduire le nombre des seringues abandonnées dans les lieux publics (risques de contamination).
• Création de Caarud (Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) : espace de repos, d’écoute, d’hygiène (douches, machines à laver), d’orientation vers le soin et les services sociaux, distribution de matériel d’injection stérile.

â–º Traitement de substitution :


        Les usagers dépendants aux opiacés peuvent suivre des traitements de substitution. Un médicament à base de dérivés morphiniques leur sera alors prescrit. Ce médicament (Méthadone® ou Subutex® connu sous le nom de BHD*) les aidera à compenser les effets du manque, à maintenir une abstinence d’héroïne, à diminuer la pratique d’injection et donc à supprimer la transmission de maladies par voie intraveineuse (hépatites, HIV). Ce traitement de la dépendance peut durer plusieurs mois ou plusieurs années.
En 2003, on estime à 71 800 le nombre de patients consommateurs de BHD* et à 11 200 le nombre de consommateurs de méthadone®**. Ces médicaments sont parfois détournés de leur usage et deviennent des drogues avec risque de décès en cas d’injection.

â–º Mélanges, quels sont les risques ?

      Mélanger des drogues est plus risqué que d’en prendre une seule. La majorité des accidents (mortels) observés sont dus aux mélanges.

Risques spécifiques aux modes de consommation

• Prisé :
Risque d’endommagement des cloisons nasales, contamination (hépatites B et C…) via l’échange des pailles servant à inspirer la poudre ;

• Injecté :
Abcès et contamination (HIV, hépatites B et C…) via l’échange des seringues.

• Risques d’overdose
       En prenant des produits aux effets opposés excitants (amphétamine ou ecstasy) et un relaxant (héroïne) pour faciliter la descente par exemple, les effets semblent s’annuler et l’usager est tenté d’augmenter les doses.


(Source : http://technoplus.org)

â–º Que dit la loi ?

       L’héroïne est classée comme stupéfiant. L’usage, la fabrication, la détention, l’importation, la vente ou la cession à titre gratuit sont interdits.

Délits :

Usage illicite de stupéfiants
Peine(s) maximum encourue(s) : 1 an d’emprisonnement – 3 750 euros d’amende
Source(s) : Code de la santé publique l.3421-1

Offre ou cession à une personne en vue de sa consommation personnelle
Peine(s) maximum encourue(s) : 5 ans d’emprisonnement – 75 000 euros d’amende
Source(s) : Code pénal Art. 222-39

Provocation d’un mineur à l’usage de stupéfiants
Peine(s) maximum encourue(s) : 5 ans d’emprisonnement – 100 000 euros d’amende
Source(s) : Code pénal Art. 227-18

Transport, détention, offre, cession, acquisition, emploi illicite de stupéfiants. Facilitation de l’usage
Peine(s) maximum encourue(s) : 10 ans d’emprisonnement – 7 500 000 euros d’amende
Source(s) : Code pénal Art. 222-37

Fait de ne pas pouvoir justifier son train de vie tout en étant en relations habituelles avec des personnes se livrant au trafic ou à l’usage de stupéfiants
Peine(s) maximum encourue(s) : 5 ans d’emprisonnement – 75 000 euros d’amende
Source(s) : Code pénal Art. 222-39-1

Crimes : Production ou fabrication illicite de stupéfiants.
Peine(s) maximum encourue(s) : 20 ans de réclusion criminelle – 7 500 000 euros d’amende
Source(s) : Code pénal Art. 222-35

La loi du 18.06.1999 impose un dépistage systématique des stupéfiants chez tout conducteur impliqué dans un accident mortel de la circulation.

La loi du 03.02.2003 tend à accroître les processus de contrôle des consommations de stupéfiants et à renforcer les sanctions de la conduite sous leurs effets.


â–º Lieux de dialogue, de prévention et de soin

        Centres d’addictologie (alcool, tabac, drogues) et Caarud (Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues)

Adresses sur :
www.anpaa.asso.fr (établissements de l’A.N.P.A.A.)
www.drogues.gouv.fr/rubrique83.html
Lignes d’aide téléphonique Drogues info service :
0 800 23 13 13 – 7j/7 – de 8 à 2 h. (Anonyme et gratuit depuis un poste fixe)
01 70 23 13 13 – 7j/7 – de 8 à 2 h. (Anonyme – Coût d’une communication ordinaire depuis un portable)
Informations sur les produits, les effets, les risques liés à la consommation, la loi, le dispositif de soin.
Ces lieux de dialogue et de soins proposent une écoute, un soutien, des conseils et éventuellement une orientation thérapeutique pour les problèmes liés à l’usage.